Alexandra DAVID-NEEL à Paris, Toulon, Digne et en Asie

Le jeudi 14 août 2003.
"La recherche continue du bonheur est une habitude à prendre ;
c'est une éducation à faire, une révolution intime
devant transformer individuellement les individus
accoutumés à la passivité et à la résignation."
En Chine.

"Mes départs ont toujours été subits,
déterminés par des circonstances inopinées."
L'Inde où j'ai vécu

D’habitude, ce sont les marins qui ont une femme dans chaque port.
Là, c’est Alexandra qui a un homme qui l’attend au retour de chacune de ses ballades… des ballades qui font quelques milliers de kilomètres et durent toujours quelques années.

Tenez : son premier voyage en Inde, en 1891 : dix-huit mois.
En 1911, elle repart en Inde, au Népal et au Tibet. Retour : quatorze ans plus tard.
Quand elle visite la Chine en 1936, elle y reste six ans bloquée par l’invasion japonaise. Ces voyages ont été "préparés" par des fugues, de bonne taille elles aussi, conséquences d’un fait dont Alexandra David prend tôt la mesure : sa naissance n’a pas été vraiment désirée par ses parents.

A 5 ans, elle se cache dans le bois de Vincennes ; à 15, elle s’embarque pour l’Angleterre ; à 17, c’est la Suisse et l’Italie, à 18, l’Espagne… De fugue en voyage, elle poursuit une quête spirituelle qui commence tôt (continuons d’énumérer) : à 6 ans, elle lit la Bible chaque jour ; à 15 ans, elle est plongée dans la philosophie stoïcienne ; à 20, émancipée de ses parents, elle étudie les religions orientales à Londres puis à Paris, grâce à Elysée Reclus et à une certaine Mrs Morgan, de la "Gnose Suprême" et de la Société Théosophique et… elle se convertit au bouddhisme au Musée Guimet.
En 1891, profitant d’un héritage familial, elle part en Inde avec ses cahiers, ses stylos et sa douche portative.
À son retour, en 1893, elle doit gagner sa vie et embarque une dizaine d’années pour une autre passion qui la fera voyager : la musique et le chant.

Essayons un peu de la suivre :

- Alexandra naît en 1868 à Saint-Mandé, 7 cours de Vincennes.
- à 6 ans (1874), elle habite avec ses parents 105 rue Faider à Bruxelles. C’est à Bruxelles qu’elle vit jusqu’à 1888, année de son départ à Londres puis Paris, pour trois années d’études intensives.
- de 1897 à 1900, elle vit avec Jean Haustont à Paris, 3 rue Nicolo, sous le nom de Madame Jean Myrial. C’est lors d’une tournée à Tunis en 1900 qu’elle rencontre Philippe Néel,
- entre 1900 et 1911, elle vit (un peu) à Tunis avec Philippe Néel -entre autres 29 rue Abd El Wahab- et (beaucoup) à droite et à gauche, abandonnant la scène à partir de 1903 pour d’autres activités : écriture, conférences sur l’Orient, la politique, le féminisme,… Elle croise Colette et Willy aux "mardis" de Rachilde, rencontre Hérédia,…
- de 1911 à 1925, elle est en route vers Lhassa,
- en mai 1926, elle s’installe aux Mazots, chemin de la Calade, à Toulon. Ses journées font seize heures d’écriture.
- en septembre 1927, elle repère une maison à Digne-les-Bains, qu’elle achète en mai 1928 et occupera jusqu’à sa mort, à 101 ans,
- elle séjourne à l’hôtel Lutétia à Paris l’été 46, de retour de son voyage sino-indien,
- Marseille est pour Alexandra David-Néel le port de tous les départs. Elle y est de passage :
en 1891, en partance pour l’Inde,
en automne 95, lorsqu’elle part chanter à Hanoï,
en août 1904, juste après son mariage, venant de Tunis et allant se reposer Plombières avec P. Néel. Ils séjournent alors à l’hôtel Saint-Georges,
en août 1911, elle part de Marseille pour son grand périple en Orient,
en janvier 1926, à son retour, elle y retrouve son mari à l’hôtel Terminus (ce sera peu chaleureux),
enfin, en novembre 36, en route vers la Chine, elle voit à Marseille Philippe Néel pour la dernière fois (il décèdera avant son retour).

Pour visiter le lieu
Samten Dzong ("la forteresse de la méditation"), la maison d’Alexandra David-Néel se trouve avenue du maréchal Juin à Digne (tel. 04 92 31 32 38). Des visites commentées et guidées de la maison, où se trouve le musée et le siège de l’association, sont organisées tous les jours de l’année à 10h30, 14h et 16h d’octobre à juin et à 10h30, 14h, 15h30, et 17h de juillet à septembre (durée approximative 90 minutes).
L’office de tourisme de Digne : tél. 04 92 36 62 62, fax 04 92 32 27 24.

Quelqu’un à contacter ?
Le Centre Culturel Alexandra David-Néel se trouve dans la maison de l’écrivain, 27 avenue du Maréchal Juin, 04000 Digne-les-Bains. E-mail : neel@alexandra-david-neel.org.

À voir aux alentours
Présences littéraires autour de Digne :
- Joseph Conrad, Marcel Pagnol, Isabelle Eberhardt à Marseille,
- Stefan Zweig à Marseille et Nice,
- Gaston Leroux à Menton et Nice,
- Jean Cocteau à Menton,
- Gogol à Nice,
- Maupassant à Antibes et Cannes,
- Nabokov à Cannes, Menton, etc.
- Mann et Huxley à Sanary,
- Wells à Magagnosc,
- Alphonse Daudet à Nîmes et Fontvieille,
- Mallarmé à Avignon,
- Giono à Manosque,
- Frédéric Mistral à Maillane,
- Vauvenargues à Vauvenargues,
- Blaise Cendrars à Aix-en-Provence,
- Paul Valéry à Sète,
- Durell à Sommières,
- Delteil à Montpellier, Toulon, Villeneuve-lez-Avignon, Grabels,
- Colette à La Treille Muscate (Saint-Tropez),
- Prévert, Bernanos à Toulon.

Petite bibliographie
Le lumineux destin d’Alexandra David-Néel. Jean Chalon, Presses Pocket n°2616.



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